Les mystères et contrastes éducatifs de l’Estonie!

Bonjour à tous!

Lorsque nous avons débuté nos recherches afin de choisir les pays que nous allions traverser pendant notre séjour en Europe, il nous apparaissait évident que nous devions également nous rendre dans des pays desquels nous entendions beaucoup moins parler en Amérique du Nord, comme l’Europe de l’Est et les pays Baltes.  Ce qu’on allait y découvrir n’était pas clair. Nous ne savions pas trop par où commencer, surtout que la documentation en français ou en anglais disponible sur les modèles éducatifs de ces pays n’est pas très étoffée, mais c’est justement ce qui les rendaient intéressants à nos yeux.   Et nous n’avons pas été déçu!  Il y a effectivement de grandes surprises à découvrir!

La plus grande de ces surprises est un tout petit pays Balte, d’à peine 1,3 million d’habitants et dont la population scolaire de 7 à 15 ans est tout juste de 143 000 enfants:  l’Estonie!  Ce pays, qui jusqu’en 1991 faisait partie de l’ex-URSS a tout pour surprendre au niveau éducatif!  Et pour cause, ses résultats au test PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves), le place en 1ère position européenne et en 3e position mondial, soit, vous l’aurez compris, avant la Finlande (5e au niveau international). Des résultats spectaculaires qui amènent plusieurs questions!  Comment un aussi petit pays, qui a dû se rebâtir entièrement après l’effondrement de l’ex-URSS ,et dont la langue officielle, l’estonien, n’est parlé nul part ailleurs, peut arriver à de tels résultats?

Des écoles branchées

Les experts avancent que ces résultats impressionnants pourraient bien venir de la décision du gouvernement de tout miser sur le numérique pour gagner en efficacité et contribuer à la reconstruction du pays.  En effet, l’Estonie est aujourd’hui une des nations mondiales les plus à la fine pointe en matière de société numérique.  Il s’agit d’ailleurs d’un des centres majeurs de l’OTAN en matière de cyber-défense;  le pays participant à la lutte active contre les cyber-attaques.  Le numérique touche toutes les sphères de la vie des Estoniens.  95% d’entre eux disposent même d’une carte d’identité numérique obligatoire dès l’âge de 15 ans et qui permet de presque tout faire.  Que ce soit pour obtenir ses médicaments à la pharmacie (100% des ordonnances sont transmises de cette façon), créer son entreprise, payer ses impôts, emprunter les transports en commun ou même voter, cette carte est essentielle partout, en tout temps.

Alors évidemment cette façon de vivre au quotidien s’est implantée dans les écoles.  Les enseignants disposent d’un espace numérique où ils peuvent communiquer directement avec leurs élèves et les parents de ceux-ci, évaluer les comportements et entrer les notes en temps réel, répondre aux questions et transmettre les travaux en ligne.

Mais ce qui fait vraiment une différence, c’est le programme ProgeTiiger destiné à l’apprentissage des logiques du code et de l’algorithmie.  En effet, la connaissance des technologies digitales est reconnue comme une compétence générale de premier ordre et mis de l’avant par toutes les écoles estoniennes.  Ce programme vise, entre autre, de permettre aux jeunes de créer et utiliser des textes et contenus en ligne, de filtrer l’information et de développer leur esprit critique, d’utiliser des outils et techniques adéquates pour résoudre des problèmes, etc.  Dans un très grand nombre de classes, le tableau noir à fait place à des écrans, et les tablettes et ordinateurs font partie du quotidien.  Ce programme et son lien avec les résultats des élèves estoniens au test PISA fera donc l’objet d’un de nos reportages sur place.

La grande importance de l’éducation à la petite enfance

Un autre point qui est mis de l’avant pour expliquer les résultats de l’Estonie, c’est la grande importance que ce pays accorde à l’éducation à la petite enfance.  Prise en charge par les municipalités, les centres de la petite enfance répondent aux besoins des enfants et de leurs parents, de l’âge de un an et demi à l’âge de 6 ans.  Les programmes nationaux  misent sur le développement des compétences de base chez les touts-petits sur plusieurs sphères.  En plus des arts, de la musique et de la motricité, ces centres enseignent la langue nationale, la culture et les mathématiques.  Ici, tout comme dans les écoles, les éducateurs sont chargés de développer les compétences sociales et citoyennes des enfants tout en leur proposant de nombreuses activités.  Les enseignants des centres de la petite enfance estoniens ont un haut niveau de qualifications et une grande liberté et autonomie afin de développer des contenus scolaires adaptés à leurs besoins locaux tout comme les enseignants du primaire et du secondaire.  Nous profiterons donc de notre passage en Estonie pour partir à la découverte de ces centres de la petite enfance.

Le portrait scolaire estonien en bref

  • L’école y est obligatoire de 7 à 17 ans (ou jusqu’au passage de l’examen d’éducation fondamentale qui peut être passer dès l’âge de 15 ans).
  • L’Estonie dispose d’une tradition ancienne de qualité scolaire.  En effet, un sondage réalisé en 1881 démontrait que, déjà à l’époque, 48% de la population savait lire et 94% de ce nombre savait lire et écrire.  Une statistique très impressionnante pour l’époque.
  • L’Estonie a fait de la formation de ses enseignants une de ses priorités.  Malgré cela, le métier est peu reconnu et peu attractif.  Le corps professoral est donc vieillissant malgré que les nouveaux enseignants soit très bien préparés et accompagnés lors de leur entrée dans la profession.
  • Même si les élèves se voient garantir une place dans l’école publique de leur quartier, le choix d’une école par les parents est très répandue en Estonie.  Un grand nombre d’établissements privés et d’écoles internationales s’y côtoient, et même certaines écoles publiques sont élitistes et sélectionnent les élèves par des tests d’entrée ayant entrainés la création d’institutions spécialisées pour s’y préparer.
  • En plus des technologies digitales, le ministère développe des initiatives pour améliorer les compétences sociales, la créativité et l’entreprenariat des jeunes.
  • Même si la population scolaire estonienne est relativement homogène, il existe des différences importantes de réussite entre les établissements urbains et ceux situés en zone rurale.
  • Le nombre d’élèves par classe et par enseignant est un des plus faible au monde.

Voilà qui fait un premier tour d’horizon du système scolaire de l’Estonie à partir du peu d’informations actuellement disponible en ligne.  Il sera donc pertinent d’explorer plus à fond ces statistiques impressionnantes et les raisons qui les expliquent sur place.

À bientôt,

Geneviève

 

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1 Comment

  1. michel papini
    27 September 2019 / 10 h 10 min

    Merci bcq geviève pour ce bel article tres utile pour mon exposé

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